Joseph Reichlen (1846-1913), Le lendemain de l’incendie du 21 juillet 1876, estampe, Musée gruérien, Bulle

3

Les premiers jours après le drame

Les premiers jours après le drame

Quand les flammes s’éteignent, Albeuve n’est plus qu’un champ de ruines. Seuls six bâtiments ont résisté aux flammes – dont 3 habitations à la rue de la Scie encore visibles aujourd’hui (près du panneau n°4). Pourtant, dès les premières heures, l’organisation se met en place. Face à l’urgence, autorités et habitants cherchent des solutions pour protéger les personnes sinistrées et préparer la suite.

Le soir même du 20 juillet 1876, deux conseillers d’État fribourgeois, Philippe Fournier et Alphonse Théraulaz, se rendent sur place. Ils apportent une première aide de 1800 francs, aussitôt distribuée aux familles les plus en difficulté. L’évêque du diocèse, Mgr Etienne Marilley, envoie également 1000 francs pour répondre aux besoins immédiats.

La priorité reste cependant de loger les 450 habitants se retrouvant tout à coup sans abri. Sous la conduite du syndic Alexis Castella et avec l’appui du préfet de la Gruyère, les sinistrés sont accueillis dans les villages voisins. Neirivue, Montbovon et Lessoc reçoivent la majorité des familles, tandis que d’autres trouvent refuge à Grandvillard ou Villars-sous-Mont. Si certains souhaitent rester dans les quelques maisons épargnées ou dans des granges alentour, la plupart vivront plusieurs mois chez leurs hôtes.

Malgré le choc, les autorités communales siègent le soir même. Les archives de la commune ont brûlé avec la cure, mais la volonté d’agir demeure intacte. Dans le procès-verbal de la séance, le secrétaire Pierre Castella décrit une population frappée de désolation et réduite dans le plus grand dénuement.

Dans les jours qui suivent, une enquête est ouverte pour comprendre l’origine de l’incendie. Les témoignages recueillis orientent rapidement les investigations vers la boulangerie où le feu a pris. Les conclusions écartent toute malveillance : l’incendie aurait été provoqué par des étincelles échappées du four ou par un défaut de construction des cheminées.

Jules Gremaud (1849-1928), Albeuve après incendie, 1876, photographie, collection Musée gruérien, Bulle